Lundi 5 octobre 2026 · DakarEspace rédaction
Guédé Info
Flash info
Jeunesse : Diomaye Faye installe le Conseil consultatif des Jeunes et met en garde contre les réseaux sociaux • Santé : le SAMES en grève les 28, 29 et 30 septembre, seules les urgences assurées • Transports : le TER relie désormais Diamniadio à l’aéroport Blaise Diagne • Justice : Reug Reug libre sous contrôle judiciaire, son oncle et le saltigué sous mandat de dépôt • Politique : point de presse du groupe parlementaire PASTEF ce lundi à 16 h • Agriculture : le SYNTTAS en grève mardi et mercredi à la DPV • Football : les Lions tenus en échec au Mozambique (1-1), l’Éthiopie mardi • ONU : le Sénégal candidat à un siège non permanent au Conseil de sécurité (2032-2033) • JOJ Dakar 2026 : ouverture des Jeux le 31 octobre • Jeunesse : Diomaye Faye installe le Conseil consultatif des Jeunes et met en garde contre les réseaux sociaux • Santé : le SAMES en grève les 28, 29 et 30 septembre, seules les urgences assurées • Transports : le TER relie désormais Diamniadio à l’aéroport Blaise Diagne • Justice : Reug Reug libre sous contrôle judiciaire, son oncle et le saltigué sous mandat de dépôt • Politique : point de presse du groupe parlementaire PASTEF ce lundi à 16 h • Agriculture : le SYNTTAS en grève mardi et mercredi à la DPV • Football : les Lions tenus en échec au Mozambique (1-1), l’Éthiopie mardi • ONU : le Sénégal candidat à un siège non permanent au Conseil de sécurité (2032-2033) • JOJ Dakar 2026 : ouverture des Jeux le 31 octobre •
Société

En 2026, pourquoi nos données sont-elles encore à la merci des inondations ?

Après les inondations du 4 octobre à Dakar, une question moins visible mais essentielle : pourquoi tant de données sensibles dépendent-elles encore du papier, et pourquoi le Sénégal ne se digitalise-t-il pas à la hauteur des enjeux ?

Par Fallou Bousso Mamoun · Lecture 4 min
En 2026, pourquoi nos données sont-elles encore à la merci des inondations ?

Le Sénégal, et particulièrement Dakar, a été frappé ce dimanche 4 octobre par de fortes pluies qui ont provoqué d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la capitale et de sa banlieue. Au-delà des dégâts matériels et humains, cette situation soulève de nombreuses interrogations sur notre capacité à anticiper et à protéger nos infrastructures face à de tels événements.

Les débats se concentreront naturellement sur la gestion des inondations, notamment sur les moyens considérables qui ont été annoncés ces dernières années pour lutter contre ce phénomène. Mais cet article ne cherche pas à revenir sur la gestion des budgets consacrés à cette question. Il veut attirer l’attention sur un autre problème, moins visible mais tout aussi important : la manière dont nous conservons encore certaines de nos données les plus sensibles.

Les images diffusées après les inondations sont particulièrement révélatrices. Dans certaines structures publiques et privées, des locaux ont été envahis par les eaux, mettant en danger des documents administratifs, des dossiers et des archives contenant parfois des informations essentielles.

L’exemple de l’hôpital Philippe-Maguilen-Senghor à Dakar suffit à illustrer cette vulnérabilité. Lorsqu’une infrastructure est submergée, ce ne sont pas seulement les murs, les équipements ou les meubles qui sont menacés. Ce sont aussi les informations qu’elle conserve.

Et c’est là que nous devons nous poser une question simple : où en sommes-nous réellement dans la digitalisation de nos services ?

Nous sommes en 2026. Pourtant, certaines structures continuent de dépendre fortement de documents physiques pour conserver et gérer des données importantes. Des dossiers peuvent être détruits par une inondation, un incendie, l’humidité, les termites ou simplement par le passage du temps.

Le problème n’est pas uniquement technique. Il est aussi institutionnel.

Il y a quelques mois encore, l’incendie qui a touché la mairie de Touba avait déjà montré à quel point nos infrastructures et nos archives peuvent être vulnérables face à un sinistre. Lorsqu’un bâtiment contenant des documents administratifs est détruit, une partie de notre mémoire administrative peut disparaître avec lui.

Prenons le cas des actes de naissance et d’autres documents d’état civil. Ces documents ne sont pas de simples feuilles de papier. Ils constituent la preuve juridique de l’existence, de l’identité et des droits des citoyens. Leur conservation devrait donc bénéficier du plus haut niveau de sécurité possible.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut supprimer immédiatement tout document physique. Les archives papier peuvent conserver une valeur juridique et historique importante. Mais un système moderne ne devrait pas dépendre exclusivement du papier.

La numérisation permettrait notamment de disposer de copies sécurisées, sauvegardées dans plusieurs endroits, avec des mécanismes de contrôle d’accès, de traçabilité et de récupération en cas de catastrophe.

Et surtout, le Sénégal n’est pas condamné à rester en retard.

Nous avons des ingénieurs, des développeurs, des entreprises technologiques, des chercheurs et de nombreux jeunes qui possèdent les compétences nécessaires pour concevoir des solutions adaptées à notre réalité. Nous disposons également des infrastructures numériques qui se développent progressivement.

Alors, où se situe réellement le problème ?

  • Est-ce un manque de moyens ?
  • Un manque de volonté politique ?
  • Un problème de coordination entre les administrations ?
  • Une absence de stratégie à long terme ?
  • Ou simplement une lenteur dans l’adoption du numérique ?

La question mérite d’être posée.

Car la digitalisation ne devrait pas être réduite à la création de sites internet ou d’applications mobiles. Digitaliser un pays, c’est aussi protéger sa mémoire, ses données, ses citoyens et la continuité de ses services publics.

Une inondation, un incendie ou toute autre catastrophe peut détruire un bâtiment en quelques heures. Mais un État moderne doit être capable de faire en sorte que ses informations essentielles ne disparaissent pas avec ses murs.

Le monde a déjà largement dépassé l’époque où l’on pouvait considérer le papier comme le principal refuge de l’information. Le Sénégal doit lui aussi franchir cette étape.

Et nous avons quelque chose que beaucoup de pays n’ont pas nécessairement : des talents locaux capables de construire des systèmes numériques solides, sécurisés et adaptés à nos besoins.

La question n’est donc peut-être plus de savoir si le Sénégal est capable de se digitaliser.

La vraie question est : pourquoi ne le faisons-nous pas encore à la hauteur des enjeux ?

Réagir à cet article

0 réaction